Une des nombreuses conséquences malheureuses provoquées par l'hystérie collective suscitée par l'affaire Dutroux. Même si c'est en France que le scandale a éclaté par l'affaire Outreau, c'est en Belgique qu'il y a le plus de dérapage, mais on n'en parle pas...
Belge, balaie devant ta porte avant de critiquer le caniveau d'autrui...
Voilà près de 4 ans que c’est terminée l’histoire épouvantable qui faillit détruire une famille et provoquer la mort d’au moins deux innocents. J’étais l’un de ces deux-là. Le fait de disparaître ne m’aurait pas dérangé beaucoup, mais il y avait l’autre personne en danger de mort. Freya. Je ne pouvais pas la laisser tomber.
Freya est l’une de mes deux filles. Une de mes deux jumelles physiquement si différentes qu’à les voir ensemble, on ne dirait même pas que ce sont des jumelles. Freya, c’est ma petite blondinette, celle qui réfléchit, celle qui écrivait déjà des poèmes alors qu’elle avait à peine fini d’apprendre à écrire. Celle qui cache sa sensibilité d’écorchée vive sous un masque d’impassibilité.
19 septembre 2002. Il fait beau dehors. Freya est à l’école. Un éducateur entre dans la classe. Il se dirige vers Freya et lui ordonne de se rendre chez le proviseur. Interloquée —« J’ai fait quelque chose de mal ? »—, Freya s’exécute. Le proviseur lui demande, lui ordonne presque, de se rendre à l’asbl « Le Droit des Jeunes » situé dans la petite rue Saint-Rémy, non loin de là. Freya s’exécute. Là, deux assistantes sociales, qui ne disposaient d’aucun droit répressif et judiciaire, l’emmènent de force au Service d’Aide à la Jeunesse, où elle apprend une chose horrible : son père, moi en l’occurrence, la bat, la maltraite et la viole depuis qu’elle a huit ans ! Elle se serait confiée à son petit ami du moment qui, horrifié — le bon apôtre —, s’est rendu immédiatement au « Droit des Jeunes » pour donner l’alerte. Freya s’aperçoit qu’elle est tombée dans un traquenard. Paniquée — elle n’a que seize ans — elle cherche à s’enfuir. Les assistantes sociales bloquent les ascenseurs et appellent la police. Freya est amené de force auprès d’un juge de la jeunesse. Un brillant magistrat. Un homme de gauche convaincu. Tellement à gauche qu’il doit avoir un portrait de Staline accroché à la place d’honneur de son salon. Et l’enfer ouvre ses portes. Un enfer qui a duré huit mois. Freya, sa sœur Moïra, leur mère Carmen et moi-même, nous sommes passé de l’autre côté du miroir.
Toute cette histoire est racontée de manière plus complète dans le site que j’ai créé alors que nous étions en plein dans cette histoire de fous. Le site s’appelle « Rose de Minuit » sur base d’un poème que Freya avait écrit quand elle avait neuf ans et qui figure sur la page index. J’ai appelé ce blog « Apostille à la Rose de Minuit » pour faire un clin d’œil aux admirateurs d’Umberto Ecco dont le célèbre roman « Le Nom de la Rose » est suivi d’un ouvrage dans le même contexte appelé « Apostille au Nom de la Rose ».
Pourquoi ce blog ?
Pourquoi pas ? me direz-vous : tout le monde fait des blogs, mais alors, plus précisément, pourquoi ne pas avoir simplement étoffé le site existant ? C’était d’ailleurs prévu : quelques pages du site avaient été réservées dans cette optique. J’avais d’ailleurs l’idée en tête il y a quelques jours à peine, et c’est en me relisant que j’ai découvert qu’il ne fallait pas toucher au site. Tel qu’il est, il est bourré d’informations, pas seulement sur les évènements qui y sont rapportés, mais sur la manière dont ils sont racontés. La Rose de Minuit présente le problème de manière très sincère. Tout ce qui s’y trouve est vérifiable C’est une réaction « à chaud » et tel quel, il est lourd d’informations, tant sur moi-même, la manière dont j’ai personnellement vécu —si on peut appeler ça « vivre »— cette situation que sur le comportement inacceptable et fondamentalement stupide de mes accusateurs.
Une autre raison de garder le site en l’état est purement technique. À l’époque des faits, Freya était mineure. Donner son identité réelle, de même que toute indication permettant de l’identifier, me faisait tomber sous le coup de la loi de 1999 sur la protection de la jeunesse. Ce serait une bonne loi si ceux qui sont censés « protéger » la jeunesse ne la détournaient pas pour leur profit personnel, mais bonne ou non, c’était la loi je devais y souscrire. J’ai donc dû donner un autre nom à Freya (Fiona sur le site), mais aussi à sa sœur et à moi-même. Je devais aussi, pour des raisons évidentes de risque de poursuites en diffamation, donner une fausse identité à mes agresseurs. À l’heure actuelle, une grande partie de ces interdits sont tombés : Freya et Moïra sont majeures, et j’ai suffisamment de preuves matérielles et concrètes vis-à-vis de la partie adverse pour que certains noms puissent être divulgués. Reste bien sûr les « intouchables » : juges, magistrats, procureur. Aucun recours possible contre leurs personnes et recours très limités contre leur décisions, même si elle sont basées (par ordre d’importance) sur des rapports mensongers et diffamatoires issus d’incompétents notoires, sur leur incompétence propre, ou sur leur connerie. Comme j’ai pu le constater, ces gens-là n’en sont pas à une incohérence près. Leur mauvaise foi et leur refus systématique de reconnaître leur faillibilité sont mondialement connus : l’audition du « juge » Burgos, suite à la terrible affaire Outreau (pire encore que la mienne, car là, ce ne sont pas seulement les aides à la jeunesse qui ont foiré : la justice, « la vraie » a déconné tout autant), en est la manifestation médiatique la plus spectaculaire, tellement spectaculaire qu’elle confine à la caricature. Pour ceux-là, j’attends de voir. Pour les autres, je les attends. Et de pied ferme.
Tout ceci pour vous dire que la mise à jour du site existant aurait été une opération difficile, susceptible de lui enlever sa valeur d’information « brute » et que la création d’un autre site, ou d’un blog, s’avérait être la meilleure solution. J’ai choisi le blog parce que c’était techniquement plus facile, plus rapide. Il est facile d’enregistrer les réactions diverses, d’où qu’elles puissent venir. Même de ceux que je ne vais pas priver d’attaquer au lance-flammes : je leur accorde ici-même ce qu’ils m’ont refusé lorsqu’ils croyaient m’avoir sous leur coupe : LE DROIT DE RÉPONSE ! Connaissant leur triste mentalité, je crois, sans le craindre, qu’ils vont vouloir recourir à leur moyens habituels (coercitions, menace, abus de position dominante, et j’en passe…) Je me permettrai de leur donner un conseil, bienveillant à défaut d’être amical : pour une fois, réfléchissez avant d’agir…
Comme je l’ai indiqué dans l’introduction, j’ai créé ce blog comme complément à un site que j’avais créé suite aux accusations infâmes, émanant principalement de pompeux crétins fiers de l’être et mentalement trop limités pour se remettre en question.
Bien qu’exact dans les faits relatés, le site fait part de mes conclusions personnelles, des conclusions « à chaud », peu nuancées et, de ce fait même, elles n’analysent pas les faits en profondeur. On peut plus parler de réactions « épidermiques » que de réelles conclusions. Mettez-vous juste quelques instants à ma place (quelques instants seulement : cette place est très inconfortable) : un homme comme les autres, une famille comme les autres, ni meilleurs ni pires que les autres hommes ou les autres familles, ni meilleurs ni pires que n’importe qui.
Et voilà qu’un beau jour, sans aucun signe avant-coureur, la fille est séquestrée, le père accusé d’inceste, de pédophilie, puis de proxénétisme et pourvoyeur de ballets roses, la mère soupçonnée de complicité, la sœur d’être une sale petite garce entremetteuse. Si vous arrivez à rester « zen » dans de telles circonstances, chapeau ! Pour ma part, je n’en suis pas capable. Si mes conclusions dans le site ne font pas preuve du recul et de la sérénité de mise dans toute analyse, avouez que j’ai quelques petites excuses !
Le but du site était de lancer un appel à l’aide et un cri d’alarme : mon avocat, spécialisé dans les cas de maltraitance enfantine, croyait, à la vue des éléments matériels et irréfutables que nous lui avions présentés, en avoir fini avec cette connerie en trois coups de cuillers à pot. Il est allé de surprise en surprise. Sa première conclusion à lui, c’était : « En 18 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça ! » Sa seconde conclusion, plus inquiétante, elle, car elle vous concerne, vous aussi, c’était : « Personne, je dis bien PERSONNE ! n’est à l’abri » Et lui, il avait plus de distance que moi pour analyser la situation que moi ! L’actualité lui donna raison. Il est triste que le scandale soit venu de France, et je trouve fort de café qu’en Belgique, les médias aient jugé bon de consacrer une émission sur l’affaire : ils auraient mieux fait de balayer devant leur porte.
Ce blog va dans un premier temps résumer le site. Ce dernier est complet, trop complet, trop copieux. En dépit de mes efforts pour le rendre le plus agréable possible, sa lecture prend au bas mot deux heures. J’en extrairai quelques passages significatifs (avec les vrais noms), et soumettrai mon analyse à l’attention du plus grand nombre possible. Le but est d’abord d’identifier la mécanique inhumaine et incontrôlée qui s’est mis en branle, ensuite de trouver les moyens de défense que les pauvres ploucs que nous sommes peuvent employer, et enfin, but suprême, de la détruire, d’en neutraliser les concepteurs et de les empêcher de jouer les docteurs Frankenstein dans un autre environnement.
Dans un deuxième temps, je vous raconterai les conséquences que cette affaire a eues sur mes proches, et sur moi-même. Le but est ici purement exemplatif : je dispose d’assez d’épaules compatissantes pour pleurer dessus pour encore en chercher sur le Web. Nous sommes tous différents, de par nos caractères, nos origines, notre éducation, notre parcours personnel. Les réactions devant une crise varient donc fortement d’un individu à l’autre. Toutefois, comme nous sommes tous humains, il y a des constantes qui méritent une analyse plus globale, laquelle pourrait servir à nous renforcer.
Enfin, on pourrait s’interroger sur l’origine de ce tragique gâchis : mes neurones en ont pris un sacré coup, mais je n’ai pas versé dans la paranoïa. À un (peu reluisant) personnage près, aucun de mes adversaires n’avait un intérêt direct quelconque à nous faire subir ce que nous avons subi. Ils en profitent d’ailleurs : « pourquoi aurions-nous fait tout ça s’il n’y avait pas quelque chose derrière tout ça ? », voilà leur leit-motiv. Et des personnes dont je n’ai, a priori, peu de raisons de douter de leur bonne foi au départ, sont tombées dans ce panneau grossier avec une allégresse qui confine au grotesque ; à leur tête, un personnage qui a été fortement médiatisé : Claude Lelièvre. Que diable s’est-il passé pour que nous ayons attiré les foudres d’une nébuleuse dont nous ne soupçonnions même pas l’existence ? Voilà le nœud du problème. Il faudra trancher.
En tout cas, une analyse superficielle de celle affaire nous amène déjà à deux conclusions évidente, la deuxième découlant de la première :
1.N’attribuons pas à la méchanceté que qui est simplement dû à la connerie
2.Les cons sont plus dangereux que les salauds, parce que les premiers sont plus nombreux que les seconds, et qu’il est toujours possible de discuter avec un salaud, d’infléchir ses actes dans le bon sens à condition qu’il y voie son intérêt personnel ; un con restera dans son ornière contre vents et marées, jusqu’à la catastrophe finale et au-delà